Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:05

colere.jpgJe me souviens de ce jour comme si c’était hier… Ah ça, pour être gravé, il est gravé, bien profond !!!

La journée avait bien commencé, pourtant… C’était un samedi, le soleil brillait en me lançant des sourires printaniers, j’étais de bonne humeur : eh oui, j’allais passer l’après-midi à diriger une partie de jeu de rôle ! Le jeu en question : JRTM. L’action allait se dérouler dans les fameuses Mines de la Moria ! J’avais concocté pour mes joueurs un scénario très difficile avec un tas de pièges et de dangers. Je me frottais sadiquement déjà les mains, hé hé… Oh bon sang ! Comme j’allais déchanter !

En attendant mes quatre joueurs, j’ai préparé consciencieusement la table, installé l’écran, les dés, le manuel des règles et la version reliée du Seigneur des Anneaux (vous savez, le pavé de 1 300 pages pour un peu plus de deux kilos !) dont j’allais avoir besoin au cours de la partie.

L’attente dura, dura… Oui, car à cette époque, j’avais des joueurs allergiques à la ponctualité ! Et plus j’attendais, plus mon énervement allait croissant. Enfin, après une bonne heure de ronchonnements vindicatifs, un coup de sonnette retentit ! Je me levais précipitamment pour aller répondre et, je ne sais comment j’ai fait, j’ai bousculé le « Seigneur des anneaux » qui s’est vengé en tombant lourdement sur mon pied ! Houlala !  Je vous passe les commentaires orduriers qui fusèrent à ce moment-là de ma bouche… En claudiquant, j’arrivais à l’interphone quand le téléphone se mit à sonner, juste à côté. Je décrochai pour demander à la personne au bout du fil de bien vouloir patienter un instant mais le combiné « s’enfuit », je ne vois pas d’autre mot, de l’emprise de mes doigts pour aller se fracasser sur le carrelage dans un bruit synonyme de mort matérielle irrévocable… Pestant derechef, je répondis à l’interphone : en fait, c’était un gamin qui avait oublié ses clés et me demandait si je voulais bien lui ouvrir ! Merde, merde et triple merde !

Un quart d’heure plus tard, ces messieurs daignèrent enfin commencer à arriver, un par un, toutes les cinq à dix minutes, sans se presser, le visage innocent comme celui d’un nouveau-né et la bonne humeur débordant de leurs yeux encore chargés de sommeil (à 15 heures !). Bref,  prenant sur moi, je les accueillais en souriant jaune et l’on parlait de tout et de rien, mais surtout de rien, en fait… Moi, je n’avais qu’un seul désir, commencer cette foutue partie, bon sang !!!

Finalement, c’est avec deux heures de retard qu’on débuta.

Tout se passa bien pendant au moins, oui, au moins vingt petites, non, quinze longues minutes, en fait ! Alors commença pour moi ce que l’on pourrait appeler le calvaire du meneur ! Lorsqu’ils arrivaient à un carrefour, à chaque fois, ils prenaient la mauvaise direction. Heureusement qu’ils étaient guidés par un rôdeur, hein ! Quand il fallait prendre une décision, le bon choix n’était jamais leur solution. Quand il fallait être vraiment silencieux, il s’en trouvait toujours un pour éternuer, se casser la gueule ou hurler de terreur au contact d’une araignée (je précise que l’araignée en question était minuscule, une araignée de salon, quoi !). Lors du premier combat, contre des orques de bien faible niveau, l’un des personnages, le magicien, perdit un bras alors qu’un autre (le barde) se cassa la cheville en collant un coup de pied aux fesses à l’un de ses adversaires ! Là, déjà, je me disais que ça commençait un peu mal… et je n’avais encore rien vu !

L’un des personnages, le guerrier, était un Nain. Petite taille, certes, grande gueule, assurément ! Il avait en outre un complexe de supériorité, pensait être invincible, se disait « le poing vengeur de ses frères opprimés durant des générations, etc, etc… » et ne souhaitait qu’une chose, en découdre avec quiconque se dresserait sur son chemin, et je peux vous le dire, avec les autres également, d’ailleurs ! C’était un nerveux, ce Nain, vous savez, un impulsif qui cherchait la bagarre à tout-va ! Et, à la fin, que m’a-t-il inventé, l’atrabilaire ? Eh bien, il a juste décidé qu’il voulait casser du Balrog !!! Non mais ça ne va pas, non ! Je savais qu’un éléphant avait peur des souris mais pas qu’un Nain sautait au cou des démons ! Et pour le faire venir, il a fait quoi, Monsieur la castagne ? Il s’est mis à l’appeler en hurlant tous les noms d’elfes qu’il connaissait, et il en savait beaucoup, le bougre, puis il a tapé sur la paroi rocheuse avec sa hache pour l’attirer plus vite mais frappa si fort que sa lame explosa sous le choc et qu’un éclat lui creva un œil !! Ah, le CON !!! Et, en plus, il a vraiment réussi à faire se pointer le Balrog, mais pas que lui bien sûr, bah non, vous pensez, cela aurait été trop simple ! Des orques par centaines arrivaient de partout pour faire passer aux personnages l’envie de réveiller les orques honnêtes ! Et vous ne devinez pas comment ça s’est terminé ? Eh bien, non seulement pas un seul des persos ne s’en est sorti vivant, mais, en plus, l’un d’eux (le rôdeur) a été tué par notre Nain national d’un coup de casque mal dirigé ! Purée, c’est pas des haches qu’il faut offrir à des andouilles pareilles mais des longues-vues !!!

Après ce fiasco total, je me disais qu’on avait touché le fond et qu’il n’y avait plus qu’à dire poliment et humblement « bonsoir » à tout le monde et puis, hop, dodo pour oublier ce nouveau Trafalgar, eh bien c’était sans compter sur ma gaucherie légendaire ! En effet, après avoir rangé la table, je tendis la main vers mon soda afin d’étancher la soif terrible que tout le stress de la partie avait engendrée et « splatch », mon verre (qui n’avait rien à envier à une pinte de la fête de la bière allemande) me glissa des mains et tomba en renversant tout son contenu sur le manuel du jeu, le « Seigneur des Anneaux » relié et tous les papiers de ma campagne ! Il y en avait partout ! On peut vraiment dire que là, Tolkien barbotait dans le coca ! Oui, Gaston Lagaffe n’a pas le monopole de la maladresse, je sais !!!

Finalement, quand tout fut nettoyé et les pertes examinées (mes cartes étaient foutues, l’encre des mes scénarii à moitié effacée, le SdA tâché à mort !), je courus me réfugier sous les couvertures, la larme à l’œil et en priant les dieux de l’Olympe pour ne pas cauchemarder ni me casser la tronche de mon lit !

Bref, ce fut une journée de m…, une partie de m… avec des joueurs de m…. dirigés par un meneur de m…. !
La vie d’un maître de jeu est vraiment parsemée d’embûches, dangereuse et stressante, un vrai parcours du combattant ! Il faudrait presque que les éditeurs vendent leurs jeux munis d’une boîte d’anxiolytiques pour épargner les MJ ! Mais, tout bien réfléchi, c’est malgré tout un métier qui nous entraîne vers des rivages extraordinaires et nous emporte au-delà des frontières connues en nous procurant d’immenses satisfactions et en nous comblant de bonheur, c’est presque un cadeau du ciel… mais aussi parfois un fléau de Durin !!!

(publié le 22 septembre 2011 dans le webzine YmaginèreS n°0)


Acte 2

Acte 3 


Par Aramis - Publié dans : Le MJ pète les plombs - Communauté : Le coin des rôlistes
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